La naissance de Globama’s Barracks

Comment cette histoire a-t-elle été créée ?

Dans les grandes lignes, je l’ai imaginée à l’époque du lycée.

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Au lycée avec un stylo plume…
En 1976, je mettais en scène ma meilleure amie et moi-même sur notre lieu de vacances, à l’aide d’un stylo plume et de feuilles A4 pliées en deux. Je faisais des petits livrets, que je cousais avec du fil. L’un d’eux racontait la découverte d’un méchant entouré de bestioles bizarres dans le sous-sol. C’était dessiné à la va-vite, n’importe où, sans croquis, et colorié avec des crayons cires de gosses. C’était très spontané.

En 2011, j’ai fait un burnout qui faisait trembler mes mains et rendait l’écriture et le dessin impossibles. Je me suis promis de m’inscrire dans un cours de BD par correspondance si je retrouvais l’usage normal de mes mains. Les tremblements ont cessé, et j’ai réalisé les 50 devoirs demandés par le cours. Parmi eux, de nombreuses planches, pour lesquelles il fallait trouver une idée de scénario. J’ai repris la petite histoire qui m’amusait il y a si longtemps.

En quoi a-t-elle changé ?

Au lieu de deux copines de lycée et d’un méchant venu de nulle part, j’ai construit une histoire de famille avec des traumatismes. Il fallait que la chronologie tienne debout, j’ai donc dû imaginer la date de naissance de chaque personnage et la faire coïncider avec les autres. De plus, les plans du mur de l’Atlantique qui sert de décor à l’histoire ne sont pas absurdes, il existe vraiment des blockhaus et des vestiges.

Etes-vous allée jusqu’à rechercher des documents historiques ?

Le scénario est trop simple pour avoir besoin de détails sur les événements qui ont eu lieu à cet endroit. Mais il fallait tout de même retrouver quelques emplacements, et à quoi ressemblaient les locaux. Un détail amusant: j’ai imaginé des galeries à un endroit où elles existaient vraiment, j’ai trouvé des photos d’archives dans un livre. Personne ne savait qu’elles étaient là. Bien sûr, elles n’allaient pas aussi loin que dans mon histoire.

Par moments, on a l’impression que le ton est un peu anti-Américain, non ?

Il y a de tout aux Etats-Unis. Du bon et du mauvais. Dans le mauvais, il y a ces gens complètement bloqués sur leurs habitudes qu’ils considèrent comme universelles, et qui détestent profondément tout ce qui n’est pas de chez eux. Ce n’est pas complètement de leur faute, les médias les ont poussés dans ce sens et aussi leur éducation qui tue tout esprit critique et toute curiosité. Je me suis heurtée à des gens comme ça avant la première guerre du Golfe, dans un village de l’Ohio. Aujourd’hui ils sont dans le Tea Party.

Mogette qui est restée bloquée sur le grand amour de ses seize ans, ce n’est pas un peu exagéré ?

Je pensais que ça l’était, je m’attendais à des critiques, et puis pendant l’été 2015 j’ai rencontré une dame d’une cinquantaine d’années qui avait vécu ce genre d’histoire.

 

 

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